En période où les ressources naturelles deviennent moins abondantes, le candi protéiné peut constituer un complément intéressant pour certaines colonies, notamment lorsqu’elles ont encore besoin de protéines pour maintenir leur élevage de couvain.
Plutôt que d’acheter un candi protéiné tout prêt, j’ai choisi de fabriquer le mien à partir de sucre, de miel et de pollen (récolté dans l’année).
L’objectif : obtenir une pâte énergétique et protéinée, facile à distribuer aux colonies, tout en valorisant les produits issus de mon propre rucher.

🍯 Pourquoi fabriquer son propre candi protéiné ?
Le candi classique apporte principalement des glucides, sous forme de sucre. Il peut être utilisé comme complément alimentaire lorsque les réserves énergétiques de la colonie sont insuffisantes.
Le candi protéiné va plus loin en apportant également du pollen, qui constitue la principale source naturelle de protéines, lipides, vitamines et minéraux pour les abeilles.
Le pollen est notamment indispensable à l’alimentation des jeunes abeilles et au développement des glandes hypopharyngiennes des nourrices.
L’idée n’est évidemment pas de remplacer les ressources naturelles lorsque celles-ci sont disponibles, mais de disposer d’un complément lorsque cela peut être utile.
🧂 Ma recette de candi protéiné
Pour ma première fabrication, j’ai préparé environ 13 kg de pâte avec les proportions suivantes :
| Ingrédient | Quantité |
|---|---|
| Sucre | 10 kg |
| Pollen | 700 g |
| Miel de printemps | 2,25 kg |
| Eau | 200 g |
| Poids total | ≈ 13,15 kg |
Le pollen représente ainsi environ 7 % du poids du sucre.
Pourquoi du miel ?
Le miel permet d’obtenir une pâte cohésive et apporte également son propre profil aromatique et énergétique.
J’ai utilisé ici du miel de printemps. Ce choix a une conséquence sur la texture : le miel de printemps est naturellement très pâteux et peut donner un candi plus ferme.

🐝 Le matériel utilisé
Pour cette préparation, il faut finalement assez peu de matériel :
- un grand récipient alimentaire ;
- une balance ;
- du sucreb;
- du pollen ;
- du miel ;
- de l’eau ;
- un malaxeur ou un robot suffisamment puissant ;
- des sachets alimentaires pour le conditionnement.
Pour les quantités importantes, un malaxeur dédié à l’alimentaire peut être beaucoup plus pratique qu’un petit robot ménager.
L’objectif est simplement d’obtenir une pâte homogène.
🥣 Étape 1 : préparer le sucre
Le sucre utilisé doit être extrêmement fin.
Pour cette fabrication, j’ai utilisé du sucre que j’ai moi-même réduit en poudre à l’aide d’un moulin à sucre/épices. Vous pouvez acheter du sucre glace si vous ne pouvez pas faire autrement.
Cette étape permet d’obtenir une texture beaucoup plus fine et facilite ensuite l’incorporation du miel.
Pour 10 kg de sucre, il est préférable de travailler progressivement plutôt que de vouloir broyer une quantité trop importante en une seule fois.
🌼 Étape 2 : ajouter le pollen
J’ai ensuite incorporé :
700 g de pollen pour 10 kg de sucre. Le pollen provient de mes récoltes. Il me semble qu’il vende en magasin apicole de la poudre de pollen.
Le pollen, doit être réparti le plus uniformément possible dans le sucre.
Cette étape est importante : il faut éviter de retrouver des poches de pollen concentrées dans la pâte.

🍯 Étape 3 : incorporer le miel
J’ai ensuite ajouté progressivement 2,25 kg de miel de printemps.
Le miel apporte l’humidité nécessaire pour permettre au sucre de former une pâte.
Il est préférable de l’incorporer progressivement plutôt que de verser toute la quantité d’un seul coup.
Cela permet de contrôler beaucoup plus facilement la texture.
💧 Étape 4 : ajuster avec un peu d’eau
Pour cette recette, j’ai ajouté 200 g d’eau.
L’eau doit être ajoutée progressivement.
Il ne faut surtout pas chercher à obtenir une pâte trop liquide : le but est d’obtenir une pâte suffisamment souple pour être manipulée, mais suffisamment ferme pour pouvoir être conditionnée et déposée facilement dans les ruches.
Dans mon cas, la pâte finale avait une texture proche d’une pâte à pain, légèrement collante mais parfaitement manipulable.
🔄 Étape 5 : malaxer
Il faut ensuite malaxer suffisamment longtemps pour obtenir une préparation homogène.
Au départ, le mélange peut sembler très sec et poudreux. C’est normal.
Le miel et l’eau doivent progressivement se répartir dans la masse de sucre et de pollen.
La texture recherchée est une pâte :
- homogène ;
- malléable ;
- légèrement collante ;
- qui conserve sa forme lorsqu’on la manipule.
Il n’est pas nécessaire d’obtenir la texture très souple de certains candis industriels.

🧪 Un premier test directement au rucher
Avant même de conditionner définitivement toute la production, j’ai laissé quelques résidus de préparation accessibles aux abeilles.
Le résultat a été immédiat : les abeilles sont venues lécher le fond du récipient et ont récupéré la préparation.
Lors d’une visite suivante, j’ai également constaté qu’un pain de candi protéiné placé dans une colonie avait été largement consommé : il ne restait qu’environ un quart du morceau.
Cela constitue évidemment un premier retour encourageant sur l’appétence de cette recette.
📦 Conditionner le candi
Une fois la pâte terminée, plusieurs possibilités sont envisageables.
Pour ma part, j’ai utilisé deux méthodes :
Sachets sous vide
C’est la méthode que je privilégie pour le stockage.
Elle permet de limiter :
- l’air ;
- le dessèchement ;
- les échanges d’humidité ;
- les risques de contamination extérieure.

Sachets congélation
Ils peuvent également convenir pour les portions destinées à être utilisées plus rapidement.
Dans les deux cas, il est intéressant de préparer directement des portions adaptées aux colonies.
Par exemple :
250 à 500 g pour une petite colonie ou une MiniPlus, et davantage pour une colonie plus importante.

❄️ Comment conserver le candi protéiné ?
Le candi contenant du pollen est plus sensible à la conservation qu’un candi composé uniquement de sucre.
Je préfère donc conserver mes portions :
- dans un endroit frais ;
- à l’abri de la lumière ;
- dans des emballages bien fermés ;
- ou au congélateur pour une conservation plus longue.
Le réfrigérateur convient également pour conserver temporairement une partie de la production.
Avant distribution, le candi congelé doit simplement revenir progressivement à température ambiante dans son emballage fermé afin d’éviter la condensation.
⚠️ Quelques précautions
Le candi protéiné est un complément alimentaire, et non un substitut aux ressources naturelles disponibles autour du rucher.
Il est inutile de distribuer systématiquement du candi protéiné à toutes les colonies lorsque celles-ci disposent de suffisamment de pollen et de nectar.
La quantité distribuée doit également être adaptée à la force de la colonie et à ses besoins.
Enfin, il est important de surveiller le candi après distribution : une préparation présentant une odeur anormale, des signes de fermentation ou de moisissure ne doit pas être donnée aux abeilles.
🐝 Une recette qui reste à améliorer
Cette première fabrication me permet surtout d’avoir une base de travail.
Je souhaite maintenant observer :
- la vitesse de consommation ;
- l’évolution de la texture avec le temps ;
- la conservation ;
- l’acceptation par différentes colonies ;
- et surtout l’évolution de l’élevage du couvain lorsque le candi est distribué.
La prochaine fabrication pourra éventuellement être adaptée en fonction de ces observations.
C’est aussi l’intérêt de fabriquer soi-même son alimentation : on peut adapter progressivement la recette à ses colonies et à ses propres produits du rucher.
🍯 La recette en résumé
Pour environ 13 kg de candi protéiné :
10 kg de sucre glace
700 g de pollen
2,25 kg de miel
200 g d’eau
Mélanger progressivement jusqu’à obtenir une pâte homogène, malléable et légèrement collante.
🐝 Une recette simple, réalisée avec des produits du rucher, et que je vais continuer à tester au fil des saisons.
